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oO°les free party ce multiplie commes des champis avc une pluie d'automne°Oo

oO°les free party ce multiplie commes des champis avc une pluie d'automne°Oo
Chaque week-end, des dizaines de ces mini rassemblements techno ont lieu dans l'Ouest. Très loin des maxi raves et leurs milliers de « teufeurs ». Exemple, samedi soir, dans les Côtes-d'Armor.

Le jour se lève, dimanche, sur la retenue d'eau de Bosméléac, dans le pays de Guerlédan. Quelques « teufeurs » profitent du paysage. « C'est le moment que je préfère dans les frees », explique ce jeune salarié. Plus haut, les DJ continuent à lancer basses vrombissantes et rythmes effrénés dans deux petites colonnes d'enceintes : 3 000 watts au total. La puissance d'une vingtaine de chaînes hi-fi.

Vers 23 h, la veille, les amis de deux sound systems se sont retrouvés dans cette clairière. Il y a les Acolytes et Récréa Circus de Saint-Brieuc et Rennes. Le groupe électrogène est lancé, les enceintes sont posées sur une palette de bois, de grands bouts de moquette sont déroulés sur le sol. « À la fin, tu n'as plus qu'à enlever la moquette avec les mégots », explique Laurent. Il y a aussi des bidons pour jeter les bouteilles. Le maximum est fait pour rendre le terrain aussi propre qu'il a été trouvé.

En une heure, le joyeux souk s'organise. Des lumières sont accrochées dans les arbres, un barnum décoré de quelques toiles peintes est monté pour les danseurs, des chaises de jardin apparaissent, les platines pour disques vinyle sont branchées. Le son envahit la clairière, en douceur, avec du reggae.

« Si, à midi, ils sont partis... »

« C'est l'anniversaire de Gwen, une copine, s'amuse Alf. On n'a pas fait de fly (tract). C'est du bouche à oreille. On se connaît quasiment tous. » Au fil de la nuit, ils seront 300, en majorité des 25-30 ans, en petits groupes, avec un peu plus de garçons. De nombreux métiers sont représentés. Parfois précaires, avec des bouts de chômage. Il y a aussi beaucoup d'emplois fixes et des étudiants. « C'est une soirée peinarde, poursuit Christophe. On aurait dû prévenir le propriétaire du terrain, sûrement la commune. Mais, comme trois fois sur quatre on a un refus, on s'installe tout seuls. »

Les décibels montent en puissance. Laurent raconte comment il a découvert les frees, il y a plus de quinze ans : « C'était par hasard, en Bretagne, avec des Anglais. À l'époque, Margaret Thatcher interdisait les soirées techno. Je me suis dit ' ouah ! '. Cette ambiance, cette musique, le côté gratuit ouvert à tous... »

À l'arrière des véhicules, des verres de rhum, des bières et quelques pétards circulent. « C'est bien ici, avoue Chris, posée à l'entrée d'une camionnette. Les frees avec des sacs-poubelles jusque dans les chaussures pour se protéger de la pluie, j'ai donné ! »

On parle aussi des Teknivals, ces rassemblements avec des milliers de personnes qui provoquent des levées de boucliers et ont été le cadre de plusieurs drames. « Je ne supporte pas les réquisitions de terrain. Je n'ai pas envie d'aller dans un champ, si l'agriculteur a prévu de l'utiliser. C'est comme si on voulait nous opposer au reste de la population », s'insurge Laurent. Plus loin, une jeune femme évoque l'horreur du meurtre, toujours non élucidé, de Mathilde à Carnoët. « C'est horrible. J'aurais peut-être pu l'entendre, l'aider. Moi, je ne m'écarte jamais toute seule. »

Vers quatre heures, les gendarmes passent. Mais c'est avec un élu de Merléac et le maire d'Allineuc que la discussion sur l'heure de fin aura vraiment lieu. Le maire repart vers 6 h. « Ce qui m'inquiète c'est la sécurité. Mais, si à midi, ils sont partis et que c'est propre... Les voisins les plus proches sont quand même assez loin. » La free continue.

Gilles KERDREUX. Ouest france lundi 12 juin 2006
# Posté le lundi 12 juin 2006 05:17

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